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Jusqu’où ira-t-on dans ce foutage de gueule des négociations ??

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Un avis sur les non-négociations en cours sur la ZAD

Je n’ai pas fait de fiche ni ne crois en la négociation avec un État. Je ne veux pas discuter avec cet oppresseur, je veux uniquement et simplement le détruire. Mais je me sens tout de même concernée par le processus de légalisation qui englobe quasi toutes les terres et lieux de la ZAD, cette zone que je vois comme un ensemble et non pas juste comme mon petit chez moi, qui lui, aujourd’hui n’est plus. On appelle les injonctions de la préfète des négociations, alors que je ne vois vraiment pas à quel moment nous avons négocié. Quand avons-nous tiré un quelconque avantage de la situation ? Quand avons-nous dit autre chose que « Oui oui madame , on a peur , on est gentils ! » ?. Et aujourd’hui il est encore question de signer les projets valides, sans même attendre ceux qui ne sont pas encore acceptés ?! Encore une fois, notre fameuse dernière limite de jusqu’où on accepte de se faire enfumer est repoussée.
Certains des arguments qui sont POUR se légaliser et VITE se légaliser me paraissent absurdes, je reste divisée entre : est-ce que les gens convaincu.e.s se voilent la face ou bien se fichent-ils de moi ? Je ne pense pas qu’on puisse être plus malin.e.s que l’ennemi lorsqu’on joue son jeu.

Voici les arguments qu’on nous avance :

« Signer pour ne pas perdre les soutiens. »
Est-ce qu’on parle bien des soutiens qui ne sont déjà plus là ? A force de demies positions qui doivent convenir a toutes les composantes, beaucoup de personnes ne savent plus ce qu’on défend ici. Je préfère entendre différentes voix fortes mais aux discours assumés qu’une voix pseudo unitaire mensongère aux propos trop peu incisifs.
Les personnes contre la légalisation, largement plus nombreuses qu’on veut nous faire croire, risquent de ne plus venir.
Ceux qui poussent à la légalisation utilisent le chantage : « Si vous faites pas ça on vous laisse dans la merde ! » (chantage qui n’est même pas respecté, la d281 en est un bel exemple !), tout en écrivant de jolis textes et communiqués sur notre solidarité en toute circonstance, sont très peu présent.e.s sur le terrain, au front, que ce soit en 1re, 2e ou 3e ligne, nous l’avons constaté. D’un autre coté, beaucoup d’énervé-es se sont limité-es dans les actions justement par soucis de composition et modération. Que ce soit clair, je ne reproche en aucun cas à qui que ce soit de ne pas vouloir se battre contre les keufs, il y a aussi d’autre chose à faire, mais faire présence en grand nombre est important ! D’ailleurs, où sont ces soutiens pour dénoncer massivement l’ultra violence et la répression de l’État ? Où sont passés ces moments magiques où tous types de personnes se mélangeaient pour faire bloc ? Où chaque action trouvait sa place et surtout où on ne se trompait pas d’ennemi ? Je simplifie en pointant deux groupes bien distincts mais j’ai conscience que beaucoup se situent mal dans tout ce merdier.
Beaucoup se posent cette question : « Suis-je prêt-e à risquer mutilation et/ou emprisonnement pour des gens qui, au final veulent payer un loyer ? ».

« Signer pour gagner du temps. »
Gagner le temps de se faire oublier, en voilà une bonne idée ! On sait que les moments fort en intensité sont souvent courts. Le temps est-il encore notre allié ? Faut-il vraiment temporiser ? Que ce soit aujourd’hui ou plus tard , ma manière de vivre est et restera illégale, donc repousser les expulsions pour qu’elles se passent de manière éparses et dans le silence ne me paraît pas du tout judicieux. A moins qu’on ne gagne du temps que pour rentrer dans leur normes ? Que le combat contre la normalisation ne soit pas partagé par tous ?

« Signer c’est dans notre intérêt. »
Je me demande si nous défendons la ZAD dans son ensemble ou si chacun.e essaie de protéger son lieu. Je comprend que perdre une ferme, une exploitation, des hangars etc. ne soit pas la même chose qu’une cabane faite de récup’. Je ne comprend pas ou trop bien la manipulation de se cacher sous couvert d’intérêts communs pour en fait protéger son « petit » chez soi. Comment se comprendre quand on ne se dit pas la vérité ?

« Signer ces clauses pourries car la préfète ne les appliquera pas à la lettre. »
D’où vient cette confiance aveugle ? Comment et pourquoi signer un contrat dont les clauses poussent à la délation et à la normalisation (cf article 2 des COP : aucune caravane, camion ou cabane ne seront toléré autour des lieux sous peine de...). Je ne comprend pas que les 15 camarades ayant leurs noms sur les projets puissent envisager de signer un tel contrat. Mais peut être qu’encore une fois je me trompe d’ami.e.s. Je préférerais, et je soutiendrais qu’on ne s’écrase pas et qu’on ne renie pas nos convictions devant l’État.
Les clauses du contrat semblent nous mettre dans la même situation que l’on a toujours été, sauf que désormais cela est écrit noir sur blanc, en voie d’être signé et avec en prime des amendes journalière et des frais de destruction à notre charge pour ce qui ne rentre pas dans leurs normes. A moins que, évidement, nous respections ses clauses, et dans ce cas, oui la zad est morte et oui je foutrais un méga bordel avant de partir...

Des années de lutte contre l’aéroport ET son monde ne peuvent déboucher sur une poignée d’exploitations toutes biens, toutes propres, toutes normalisées sans attiser une colère furieuse de celles et ceux qui se sont battus et/ou vécus ici.

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