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[Brest-Quimper] Appel à rejoindre la manif du 24 novembre à Quimper

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Pour un 24 novembre politique contre les violences sexuelles et sexistes, marchons ensemble, chantons, hurlons notre rage à Quimper à partir de 14h sur la place Saint-Corentin

Nous sommes plusieurs personnes concernées habitant-e-s de Brest et ses alentours à s’être organisé.e.s pour la journée du 25 novembre, (journée internationale de l’élimination de la violence à l’égard des femmes). Nous avons envie de la transformer en journée contre les violences sexistes faites aux meufs, aux personnes trans, aux personnes intersexes, aux gouines, aux TDS.

Dans la rue comme ailleurs, nous sommes tous les jours confronté.e.s au sexisme.
De la « simple » remarque sur ton physique, ta tenue... à l’agression, au viol et au meurtre, on nous renvoie sans cesse à notre statut d’objet. A regarder, admirer, dénigrer. A agresser, posséder, tuer. On apprend petit à petit à se blinder. On élabore des stratégies individuelles. On fait l’autruche. On s’écrase. On dénigre les autres concerné.e.s en pensant que c’est la solution. Mais on se sent seul.e. Dépourvu.e.

Nous faisons le choix de rejoindre l’appel à manifester à Quimper car nous voulons porter un féminisme inclusif, intersectionnel, insurrectionnel et pro-choix (pour le libre choix en matière d’avortement, du port ou non du hijab, la liberté des travailleuses-rs du sexe, etc) contrairement au féminisme essentialiste (considère qu’il n’y a pas lieu de distinguer sexe et genre) qui sera porté lors de la marche organisée par L’Cause et la ville de Brest.

Nous rappelons, que le 8 novembre a eu lieu la journée internationale de la solidarité intersexe et journée du souvenir intersexe. L’intersexuation est toujours taboue et objet de violences graves, notamment de mutilations sur les corps des enfants et des adolescent-e-s intersexes sous prétexte de correspondre à la norme binaire de la société hétéropatriarcale. Encore 8000 enfants opéré-e-s par an en France.

Le 20 novembre a eu lieu le Jour du Souvenir Trans (Trans Day Of Rememberance). Lors de cette journée, nous commémorons et rendons hommage aux personnes tuées à cause de la transphobie. Que les meurtriers soient des inconnus, des proches, la police ou l’État et les structures qui précarisent et poussent au suicide les personnes trans, ces actes s’inscrivent dans un ensemble de violences qui nous touche au quotidien, dans nos vies publiques, intimes, dans nos corps.
Cette année, nous voulions particulièrement nous souvenir de Vanessa Campos, travailleuse du sexe péruvienne assassinée à Paris en août. Ce meurtre a laissé indifférents les pouvoir politiques qui se réfugient derrière l’argument hypocrite de la protection des travailleu·r·ses du sexe pour défendre la loi de pénalisation des clients – instrument au service de la gentrification et de la répression des "indésirables" que nous sommes.

Par tous nos moyens nous voulons donc répondre présent.e.s à l’appel "Nous aussi" (ci-dessous) se positionnant comme un appel inclusif et remettre au centre de cette journée les personnes étant au premier rang de ces violences et pour un 24 novembre politique et radical loin des institutions d’Etat qui exercent ou construisent ces violences !

Appel "Nous aussi"
Les conditions de cette réussite ne seront cependant pas réunies si au prétexte de lutter contre “toutes les violences sexistes et sexuelles”, celles qui sont au premier rang de ces violences ne sont pas mises au centre de cette marche. Nous ne savons que trop bien à quel point notre effacement des luttes féministes perpétue notre isolement et ces violences. Avec “nous toutes”, nous voulons pouvoir dire “nous aussi”.
En disant “nous aussi”, nous voulons faire entendre les voix de celles pour qui les violences sexistes et sexuelles sont une expérience inséparable du racisme, du validisme, de la précarité, qui définissent nos quotidiens : les violences sexuelles que nous subissons sont souvent pour nous l’aboutissement de notre domination matérielle, économique et sociale dans chacun des aspects de nos vies, que ce soit au travail, à la fac, dans la rue, à la maison ou face à des policiers.

En disant “nous aussi”, nous affirmons que le contexte actuel est marqué par l’expression quotidienne du racisme, notamment de l’islamophobie et de la négrophobie. La lutte contre les violences faites aux femmes ne peut passer que par une lutte radicale contre le harcèlement politique et médiatique, ainsi que contre les discriminations légales qui visent en particulier les femmes musulmanes et viennent justifier les violences qu’elles subissent. Nous dénonçons les discours de certains politiques et médias qui s’acharnent à vouloir attribuer le monopole des violences sexistes aux “Autres” et notamment aux hommes immigrés, musulmans et des quartiers populaires. La France et ses institutions n’ont de leçon à donner à personne en la matière.

En disant “nous aussi”, nous nous positionnons fermement contre les politiques répressives et racistes qui visent en premier lieu les femmes migrantes, sans-papiers, étrangères.

En disant “nous aussi”, nous nous assurons que les luttes des travailleuses du sexe soient parties prenantes des luttes féministes, et dénonçons à leurs côtés le harcèlement policier dont elles font l’objet et qui favorise les violences quotidiennes auxquelles elles doivent faire face.

En disant “nous aussi”, nous voulons également lutter contre toutes les violences que subissent les personnes trans et intersexes, y compris celles des institutions médicales ou judiciaires qui continuent d’exercer un contrôle sur leurs existences et qui les enferment dans la précarité. Nous voulons également lutter contre les violences que subissent les lesbiennes, cis ou trans, qui par leur simple existence sont vues comme une menace au schéma « un papa-une maman » garanti et maintenu par le système hétérosexiste.

En disant “nous aussi”, nous entendons lutter contre les violences sexistes et sexuelles que subissent les femmes grosses, constamment déshumanisées, notamment par les institutions médicales.

En disant “nous aussi”, nous nous opposons aux politiques libérales appliquées par les gouvernements successifs qui nous privent peu à peu des services et des ressources nécessaires à notre vie quotidienne. Ces politiques d’austérité pèsent particulièrement sur les vies des femmes précaires, SDF, handicapées, ou devant fuir le foyer conjugal, qui se retrouvent d’autant plus vulnérables face aux violences.

En disant “nous aussi”, nous voulons exprimer notre solidarité avec toutes les femmes incarcérées, y compris celles détenues pour s’être défendues face à ces violences. Il est pour nous indispensable de rappeler que l’institution carcérale constitue une menace pour bon nombre d’entre nous en raison de nos moyens de survie, notre classe, notre race, et que nous refusons de glorifier la prison comme unique réponse aux violences sexuelles et sexistes.
Nous affirmons également que ces violences ne seront pas éradiquées par de seules actions de pédagogie reposant sur les bonnes volontés individuelles. Lutter contre les violences sexistes et sexuelles, c’est construire un véritable rapport de force vis-à-vis des institutions qui font de nous des cibles pour nos harceleurs, nos agresseurs, nos violeurs, et nos assassins, que ceux-ci soient des inconnus ou des "proches", nos patrons ou nos partenaires.
  
Pour un 24 novembre politique contre les violences sexuelles et sexistes, Nous Aussi, organisons-nous et marchons ! "

Un covoiturage est organisé pour partir ensemble de Brest à Kerfautras ! Si t’es intéressé.e envoi nous un mail à : collectif-feministe[at]riseup.net

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