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Demandeur-euse-s d’asile : la sale guerre de BMH

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Ce jeudi 24 mars au matin, la municipalité de Brest, par le biais de l’organisme de gestion de son patrimoine immobilier, Brest Métropole Habitat, nous a une nouvelle fois fait une belle démonstration de son mépris envers celles et ceux qui galèrent. Les responsables ont préféré faire dévaster à la masse en urgence plusieurs maisons plutôt que de risquer de voir des demandeur-euse-s d’asile à la rue s’y installer, alors que la ville est tenue par la loi de leur assurer un logement.

Après quelques occupations et autres actions plus ou moins mouvementées, la situation semble toujours figée pour les demandeur-euse-s d’asile.
Alors qu’ils/elles sont sous la menace d’une nouvelle expulsion du logement qu’ils/elles occupent actuellement, les différents acteurs institutionnels se renvoient la balle, incapables de trouver une solution décente pour loger ces personnes. Partant de ce constat, une nouvelle occupation a été décidée dans l’attente de mieux. Et une fois encore, les organismes gestionnaires de la ville de Brest nous ont offert un bien triste spectacle.

Tout avait pourtant bien commencé et aurait pu se dérouler sans accroc. Ce pâté de maisons vides depuis des années dans le quartier du Forestou permettait à ces familles et personnes demandeur-euse-s d’asile de se poser quelque temps, faute de mieux. Mais c’était sans compter sur la « vigilance » d’une voisine, qui bien que « n’ayant rien contre nous » a pris contact avec la mairie pour l’interroger au sujet de la présence d’individus jugé-e-s suspect-e-s en face de chez elle. Voisin-e-s vigilant-e-s, voisins fascisant-e-s.

Alors que les soutiens des demandeur-euse-s d’asile se rassemblent devant le logement occupé, nous avons le droit à une première visite de deux véhicules de BMH (Brest Métropole Habitat), qui rappelons-le est présidée par François Cuillandre. Après quelques aller-retours dans la rue, les véhicules finissent par se garer. Incrédules, les deux membres du personnel de BMH décident de s’isoler pour passer quelques coups de fil. Dans un premier temps, ils s’imaginent qu’il n’y a personne à l’intérieur de la maison, et que sûrement nous faisons tout ça pour occuper notre jeudi matin. D’ailleurs, celui qui semble être un peu le chef tente de décrocher du portillon les noms des habitant-e-s, opération à laquelle il renonce sous les protestations.

Finalement, après un certain temps quand même, arrive la police. Tentative de contrôle d’identité sur toutes les personnes présentes, pas de bol, personnes n’a ses papiers. Rapidement, le nombre de flics augmente, deux camionnettes, plusieurs voitures sérigraphiées et une voiture banalisée. On nous rappelle, mais sans grandes convictions, qu’étant sous le coup d’un contrôle de police, on ne peut pas bouger. Bref, tout ça dure quelque temps, les flics se marrent entre eux, ça papote, la routine quoi. Tout ça jusqu’à l’arrivée théâtrale de monsieur Christophe Guéganton, huissier de justice officiel de BMH, au volant de sa belle voiture. D’une humeur excellente, celui qui a récemment déclarer « aimer les gens » prend quelques photos, en pensant avec plaisir à la prochaine procédure d’expulsion qu’il pourra lancer.

En partant, il nous donne ce conseil avisé : si nous aussi, nous faisons des études et que nous travaillons dur, nous pourrons nous payer une belle Audi. Nous sommes là pour venir en aide à des personnes qui sont à la rue, et l’attitude enjouée voire débonnaire de ce sac à merde nous semble plus que déplacée. Le temps passe et les flics finissent par décoller. Nous sommes un peu soulagé-e-s. Les types de BMH (le chef et un autre), on ne comprend pas vraiment pourquoi au début, tentent vainement d’ouvrir la porte de la maison d’à côté. Pourtant, ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère. BMH ne semble pas disposer des clés de son propre « patrimoine » (de toute façon, une vulgaire « réserve foncière »), et se trouve obligée de tenter d’y rentrer par effraction. On se détend devant ce spectacle : ils sont mal partis pour une carrière de cambrioleurs, et la porte restera fermée. Puis débarquent en trombe un nombre non-négligeable de camionnettes (8 au total) de BMH, qui se garent d’ailleurs n’importe comment sur les trottoirs et dans une rue un peu plus loin. Au début, on ne comprend pas bien la raison de leur présence.

Mais on se rend rapidement compte que toutes les maisons vides de ce bloc sont ouvertes, et littéralement saccagées. Les employés de BMH (une bonne dizaine), armés d’outils divers cassent tous les sanitaires et tout ce qui rend ces maisons encore utilisables. Par peur de voir ces habitations, inoccupées depuis des années, squattées par des personnes qui en ont besoin, BMH préfère les « dévitaliser ». Après tout, elles seront sans doutes rasées un de ces jours au profit d’une juteuse opération immobilière dont la municipalité brestoise a le secret .

On ne comprend pas bien ce comportement, qui ressemble d’avantage à une crise de gamin en colère qu’à une réaction rationnelle. Puisque vous occupez une maison, on va tout péter dans les autres. En gros, c’est l’impression que ça donne. Ce qui s’est passé ce jeudi matin est totalement absurde et fait suite à une longue série de démonstrations de mépris de la part des décideurs de la ville de Brest. Déployer autant d’énergie à rendre inhabitable des logements vides depuis si longtemps parait totalement débile au regard de la situation de personnes qui sont, rappelons-le, à la rue. En face des demandeur-euse-s d’asile, le mur de l’administration et des pressions policières de plus en plus fortes sur les personnes qui se montrent solidaires.

Il y a décidément de quoi être en colère.

Edouard Mazé

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